J'ai, à plusieurs reprises, l'an passé (de vive voix, du côté de Muret, pas sur ce blog), condamné comme non respectueuses de la démocratie les institutions gouvernementale et parlementaire en France et dans les autres pays occidentaux. Je n'ai pas toujours été bien compris. Pourtant à quoi assistons-nous aujourd'hui ? Un projet de loi proposé par un gouvernement dont les membres sont non-élus mais dont le chef est nommé par un président élu au suffrage universel, adopté par les deux chambres dont les membres sont élus au suffrage universel, est aujourd'hui refusé par le peuple avec une force à laquelle il m'est difficile de trouver présentement un précédent.

Son importance mise à part, la mobilisation contre ce projet n'a rien d'exceptionnelle. De fait, le nombre de projets de loi non souhaités et a fortiori non soutenus par le peuple est désespérement constant dans nos sociétés. N'est-ce pas là le signe de l'incapacité de nos démocraties dites représentatives à gérer démocratiquement, précisément, les affaires du peuple ?

Je ne vois personnellement pas d'autres voies de sortie, d'un strict point de vue institutionnel, que l'élection non pas de représentants, mais de mandataires : de personnes élues pour mettre en oeuvre des mandats précis, pour ces mandats seulement, révocables à tout moment.

Ce processus est bien sûr malaisé à mettre en oeuvre, tout à trac, à l'échelle d'un pays actuel, et c'est pour ça que je ne le détaille pas plus avant ici même, vous invitant au contraire à en débattre. Mais est-il encore raisonnable de croire qu'une autre voie est possible ? Combien de (projets de) lois de cette nature, ou même de moins pires mais tout aussi peu respectueux de la volonté du peuple devrons-nous encore subir pour accepter cette évidence et s'attaquer à sa mise en oeuvre, aussi difficile soit-elle ?

« À quoi bon chercher ensemble des remèdes à nos maux, si nous ne savons pas de quoi nous mourons ? » G. Bernanos