À l'heure où des créatures en costumes sombres s'acharnent à insuffler encore et toujours plus d'énergie dans le corps né putréfié et aujourd'hui tréssautant de la société capitaliste, à l'heure où les syndicats du monde entier, dignes héritiers d'un mouvement ouvrier qui semble décidément toujours devoir réécrire la même page désolante de son histoire et se tromper à chaque fois d'ennemi, s'allient pour demander rien moins que le simple droit de « travailler décemment » (et sûrement bientôt de la paille propre pour l'esclave), il est heureusement quelques auteurs pour rappeler d'une part que le travail ne saurait être ni une raison ni même un moyen de vivre - vivre n'est pas survivre - mais une simple nécessité de la nature et d'autre part que notre richesse la plus précieuse, peut-être la plus identifiable à notre être véritable, c'est notre temps et ce que nous en faisons.

Je vous invite donc à lire sans plus attendre le dernier billet de la décidément toujours excellente Mona Chollet, « Struggle for time  ». Même s'il ne propose bien sûr pas de solutions (autres que radicales, du moins) pour parvenir à cette réapropriation si nécessaire du temps individuel, cet article n'en reste pas moins des plus salutaires par la piqûre de rappel qu'il administre à ses lecteurs en cette période où la misère croissante et les craintes qu'elle inspire tendent plus que jamais à faire perdre de vue les amers desquels nos compas ne devraient jamais dévier.